• PROSTITUTION

  • Mis à jour le 25/ 03/ 2010 à 23:10  Partager sur Facebook

Sarah Maffesoli : « Cachez ce sein que je ne saurais voir »

Abroger la loi pour la sécurité intérieure (LSI) de 2003, qui pénalise le racolage passif, et obtenir au plus vite un statut : une urgence exigée par les travailleurs (euses) du sexe et milieux associatifs au cours de la 4e édition des Assises de la prostitution, qui se sont tenues mercredi au Palais du Luxembourg.

La tête du cortège des travailleurs du sexe devant le Sénat (Paris 6e) - © 4321paris.fr

Prostituées, péripatéticiennes, travelo, trans, catins, …. Celles et ceux qui se revendiquent « travailleurs du sexe », libres et sans proxénètes, ont défilé nombreux mercredi soir aux abords du Sénat, pour dénoncer leur situation de précarité sociale et sanitaire, à l’occasion du 7e anniversaire de l’entrée en vigueur de la LSI. Une marche haute en couleur, et en talons, ponctuée par la remise du prix de la personne « putophobe » de l’année.

Et le lauréat est...


Mais cette marche au slogan si explicite n’était que la partie « festive » et publique de la 4e édition des Assises de la prostitution. Invités par la sénatrice verte Alima Boumediene Thiery, prostitué(e)s et représentants de collectifs défendant les droits des travailleurs du sexe (le Bus des femmes, le PASTT, le STRASS, Act Up ou Arcat…) ont pris la parole. Un cycle de conférences et de débats à l’issue duquel plusieurs revendications ont été unanimement dégagées.

De l’avis général, les conditions de travail des prostitué(e)s se sont dangereusement dégradées ces dernières années, notamment avec la LSI instaurant le délit de racolage passif, et les velléités de pénalisation des clients. Une loi qui, selon elles, a « des conséquences catastrophiques  » en les forçant à quitter les centres-villes pour les périphéries, où leur sécurité aussi bien physique que sanitaire n’est pas assurée. Autrefois sanctionné par une contravention, le racolage passif est devenu aujourd'hui un délit selon l'article 225-10-1 du Code pénal : les prostituées encourent jusqu'à deux mois de prison et 3 750 euros d'amende.

Miguel Ange Garzo, représentant de l'association Arcat : « Ils et elles subissent des violences de plus en plus importantes »


Et ce sont les prostituées elles-mêmes qui parlent le mieux des dangers auxquelles elles sont exposées.

Gabrielle Partenza, prostituée et associative : « Une femme isolée est une proie beaucoup plus facile »


Selon les participantes à la tribune, c’est la visibilité de la prostitution qui est traquée. « Il faut exercer en cachette, cachez ce sein que je ne saurais voir », a déclaré Sarah Maffesoli du collectif Droits et Prostitution.

Travailler ensemble avec un statut reconnu

Par ailleurs, toutes réclament un statut professionnel et des droits comme celui à la retraite, en cotisant à la Caisse des travailleurs indépendants, et de bénéficier de la protection sociale. Mais elles « exigent » surtout le droit commun par le biais d’une révision du Code civil afin que le contrat prostitutionnel ne soit plus contraire aux bonnes mœurs et qu'elles puissent être dédommagées comme c'est le cas en vertu de n’importe quel autre contrat en cas de rupture abusive.

Les Assises se sont tenues à la veille de l’ouverture des travaux d’une commission du ministère de l’Intérieur, constituée de Nadine Morano, Brice Hortefeux et Chantal Brunel, qui doit étudier la question du racolage passif et celle des maisons closes. Une commission à laquelle les travailleurs du sexe affirment ne pas avoir été conviés (Voir aussi l’article sur la possible réouverture des maisons closes ).

Maîtresse Gilda, présidente du STRASS : « Nous, on a mieux à proposer »


Enfin, la question d’une journaliste a amené les participantes et mêmes quelques prostituées du public à s’insurger contre l’amalgame fait entre prostituées et esclaves du sexe sous l’emprise de proxénètes. « Quand on parle prostitution, on parle de libre choix ». Et c’est en ce sens qu’il faut, selon elles, lutter contre la traite des êtres humains. Non pas contre la prostitution.

Le mot de la fin est revenu à la sénatrice Alima Boumediene Thiery qui a souligné le travail à accomplir par les élus au regard des conclusions tirées de ces Assises.

Alima Boumediene Thiery : « On doit respecter cette liberté de choix »


Dans l’assemblée, un seul élu est resté jusqu’au bout, ainsi que quelques journalistes et des prostituées, des « vieilles putes » comme elles aiment être appelées, des transgenres, qui applaudissent quand sont énumérées les revendications issues des débats.

A la sortie, la marche se met en place. Mais certains badauds, choqués par l’extravagant spectacle, nous rappellent par leurs remarques discrètes l’existence de préjugés tenaces, auxquels il serait grand temps de tordre le cou.


Fanny Griessmer  

Laisser un commentaire



Commentaires

  • EXPO

  • Et Lutèce devint Paris
    Une nouvelle exposition dévoile les métamorphoses de Paris au IVe siècle : l'occasion de découvrir les dessous de la ville au tournant de l'Antiquité et d'en savoir plus sur les Parisiens de l'époque.
    Du 15 mars 2011 au 26 février 2012
    Crypte archéologique du parvis Notre-Dame, place Jean-Paul II, Paris 4e
    En savoir plus


  • TRANSPORTS

  • Travaux de voirie
    Rue du Petit Musc : fermeture à la circulation jusqu'au 30 juin 2012
    Rue Saint Louis en l'Ile : modification du sens de circulation jusqu'au 20 septembre 2013
    Tous les chantiers de voirie dans le 4e


Accédez directement au site de votre mairie d'arrondissement

Cliquez

Ce site est réalisé par les élèves de l'INSTITUT FRANCAIS DE JOURNALISME